GOO………………LOO.fr
Marc-Olivier Fogiel
"J'avais besoin d'être dépollué de l'image"
C'était une démarche simple, logique, c'est ce que je rêvais de faire quand j'étais adolescent. C'est seulement après coup, en voyant les réactions que cela suscitait, que j'ai réalisé que finalement ce n'était pas si banal. La télé m'a passionné, mais j'avais le sentiment d'être à la fin d'un cycle, dans une sorte de répétition confortable, pas très enthousiasmante. J'ai la chance d'avoir bien gagné ma vie à la télé, ce qui me donne une certaine liberté de choix. Je peux faire ce qui me fait plaisir et je n'avais plus de plaisir à faire ce que je faisais.
On est beaucoup moins payé à la radio qu'à la télévision...
C'est sans commune mesure. Mais mes années d'analyse m'ont permis de bien savoir de quoi j'avais envie. Je ne crache pas du tout sur la télé, qui m'a intéressé et ouvert beaucoup de portes. Le confort, le statut que cela confère, évidemment cela m'a plu, mais j'en ai fait le tour. A 40 ans, ce serait un peu pathétique de continuer à croire à certaines choses qui séduisaient quand on avait 20 ans.
La radio, le matin, suppose un certain type de voix, et de ton. Quand vous êtes arrivé, vous n'aviez pas la bonne voix. Comment avez-vous pu changer ?
Après l'émission, je me réécoutais. Je n'avais pas envie de me réveiller avec moi. C'était trop rapide, saccadé, la voix comme le ton. Alors j'ai travaillé à corriger tout cela. C'est venu aussi en prenant la dimension du poste et en baignant dans cette rédaction. En télé, on est dans une bulle, là je suis en prise directe. En télé, les équipes sont constituées pour porter l'animateur, à la matinale d'Europe 1 c'est l'inverse, je porte le travail de toute une équipe.
Avez-vous fait ce livre d'entretiens pour justifier ce que vous dites de votre parcours, "avancer sans oublier" ?
S'il y a une cohérence dans ce livre un peu bilan, c'est en effet mon désir de ne pas laisser des gens de côté, de ne pas mettre de point final. J'ai bien dû le faire quelquefois, parce qu'à mes débuts, j'avais moins d'expérience. Aujourd'hui, j'ai plaisir à n'être en course avec rien, à chercher seulement à être cohérent et à ne rien renier, à tout assumer, même ce qui était moins bien.
Votre personnage, à la télévision, suscitait de violentes réactions, on vous traitait de pitbull, vous aviez votre marionnette aux Guignols. Vous dites que cela ne vous affectait pas, est-ce bien vrai ?
Oui, parce que cela ne m'a pas empêché de faire mon travail et n'a pas fait de peine aux gens qui m'entouraient. Il est vrai que mon physique assez lisse et mon air peut-être arrogant me faisaient paraître illégitime pour poser certaines questions dures et sérieuses. Une seule fois j'ai été un peu atteint. Libération avait fait un portrait de moi au vitriol. Mon père était à l'hôpital et il était blessé par cette lecture, car ces propos peu amènes à mon sujet étaient écrits dans "son" journal.
Vous dites "je cherche à être dans la vérité". Qu'est-ce que cela signifie ?
Dans les entretiens, ne pas penser d'abord à soi, mais à ce qui se dit. Essayer de ne jamais faire trop de compromis avec ce que l'on croit, de ne pas se laisser enfermer dans des "deals" du genre "je viens parler si on n'aborde pas tel ou tel sujet". Je ne me suis jamais posé beaucoup de questions sur ce que j'allais provoquer ou pas, sur le fait d'être "segmentant" comme on m'a dit un jour, c'est-à-dire pas assez consensuel.
Après la télévision, "la radio ramène à la réalité", estimez-vous. Aviez-vous besoin d'être ramené à la réalité ?
Je ne crois pas que j'avais perdu le sens de la réalité, mais j'avais besoin d'être dépollué de l'image, de quelque chose qui faussait mon rapport avec les gens. Je voulais retrouver ce qui m'a donné envie de faire ce métier.
Avec des horaires assez rudes...
Je suis à l'antenne de 6 h 30 à 9 h 30, du lundi au vendredi. Je dors de 10 h 30 à midi, je reviens à la radio de 13 heures à 20 h 30. Je dors de 22 heures à 2 h 30.
Et sans aucun déficit narcissique de ne plus montrer votre visage ?
J'ai été rassasié, et je ne suis pas trop attaché à ce qui est accessoire. Evidemment, il est facile pour moi de le dire aujourd'hui car j'ai eu ce que je voulais. Peut-être, si j'avais eu une frustration, aurais-je toujours couru après quelque chose que je n'avais pas. Bien sûr, enfant, j'avais un rêve de notoriété. Je l'ai eue, cette notoriété, et j'ai vu les limites de cette quête un peu vaine.
Vous étiez volontiers agressif à la télévision, mais vous avez toujours été discret dans votre vie privée, et vous continuez de l'être dans votre livre...
Je crois que les vies à peu près normales n'intéressent pas. Je ne fais pas partie des people, je prends des avions de ligne, je ne vais pas dans des endroits réservés. Et je n'aime pas les déballages personnels. La vie intime doit rester intime. Je sais que mon livre va décevoir ceux qui attendent des confidences. C'est plutôt une manière de faire le point professionnellement et de réfléchir aux valeurs qui sont les miennes. Et, malgré cela, j'étais inquiet des réactions de mon frère et de ma soeur, je détesterais qu'ils se sentent gênés par moi.
Sur votre milieu professionnel, vous êtes assez indulgent, vous le voyez comme "beaucoup plus simple, artisanal et moins vicieux qu'on ne veut le croire"...
Je le pense vraiment. C'est un milieu privilégié, donc assez rude, où les places sont chères et où tout le monde n'est pas très bien élevé. Mais je suis frappé par le décalage entre ce qu'on prête à ce milieu comme connivences, compromissions, manipulations, et la réalité des choses, souvent beaucoup plus banale.
Est-il vrai que vous avez songé à faire de la politique ?
J'y ai réfléchi au moment où j'ai décidé de quitter la télévision. Je pensais qu'après avoir passé une partie de ma vie à poser des questions, il ne serait pas mauvais de prendre en charge quelque chose de concret, de ne plus seulement dire, mais faire. Je n'ai pas su trouver la voie.
Longtemps vous avez été indifférent à votre judéité. Avez-vous changé ?
Contrairement à d'autres membres de ma famille, je ne célébrais pas les fêtes juives. Aujourd'hui, j'ai un sentiment d'appartenance, qui n'est peut-être pas vraiment lié à la croyance. Après avoir longtemps négligé d'aller en Israël, j'y suis allé en 2008 et j'ai été ébranlé. Par ailleurs, j'ai beaucoup d'amis catholiques et je suis parrain de plusieurs de leurs enfants. Finalement, je vais peut-être plus souvent à l'église qu'à la synagogue !
Vous n'aimez pas beaucoup en parler, mais vous avez été victime du tsunami en décembre 2004. Cela a-t-il changé votre rapport à la vie et à la mort ?
Bien sûr. Après cela, on sait qu'il ne faut plus perdre de temps. J'étais à Khao Lack, en Thaïlande, un endroit qui a été totalement dévasté. Nous sommes partis à deux et rentrés à deux. C'était rare. Quand on en sort vivant, on a un curieux sentiment de décalage. On ne comprend pas pourquoi on est encore vivant. Il faut du temps pour accepter que c'est une chance, alors que tous vos amis voient votre retour comme un miracle. Mais il y a des gens, des médecins, qui vous aident à revenir à la vie.
Dans votre livre, vous faites une liste de vos amis. On peine à croire que vous ayez tant de vrais amis...
J'ai cette chance. La famille, les amis, c'est très important. C'est pour cela que je réfléchis à l'idée d'avoir des enfants, de transmettre. J'ai longtemps été tourné sur moi-même. Aujourd'hui, je pense être assez équilibré pour construire quelque chose.
Trop de temps passé devant un écran expose les adolescents à la dépression
Mercredi 04 02 2009
WASHINGTON (AFP) — Passer trop de temps devant la télévision ou à jouer à des jeux vidéo dans l'adolescence serait lié au développement de symptômes de dépression chez les jeunes adultes, selon une étude publiée lundi.
Des chercheurs de la faculté de médecine de l'Université de Pittsburgh (Pennsylvanie, est) ont déterminé le temps passé à regarder la télévision, devant un ordinateur à jouer à des jeux vidéo notamment ou à écouter la radio de 4.142 adolescents qui ne souffraient pas de dépression au début de l'étude en 1995.
L'enquête a été menée avant l'existence des DVD ou l'usage étendu d'internet.
Les auteurs de l'étude ont déterminé que les adolescents avaient passé en moyenne 5,68 heures devant un média électronique en une semaine dont 2,3 heures à regarder la télévision, 0,62 heure des vidéocassettes, 0,41 heure à jouer à des jeux vidéos et 2,3 heures à écouter la radio.
Sept ans plus tard, alors que les sujets de l'étude étaient âgés en moyenne de 21,8 ans, ils ont été de nouveau interrogés, et 308 (ou 7,4%) avaient développé des symptômes de dépression.
"Dans le modèle informatique final, les participants à cette étude présentaient des risques nettement plus grands de dépression pour chaque heure en plus quotidiennement passée devant un téléviseur", écrit le Dr Brian Primack, un des co-auteurs de cette étude parue dans l'édition de février des Archives of General Psychiatry.
"Les jeunes femmes paraissaient moins à risque de développer des symptômes dépressifs que les jeunes hommes pour la même durée passée devant un téléviseur et un ordinateur", précise-t-il.
Selon ce médecin, le fait de consacrer un long moment à regarder la télévision ou à jouer à des jeux vidéo peut contribuer au développement de symptômes dépressifs par différents mécanisme.
Ces jeunes pourraient ainsi consacrer moins de temps à des activités sociales, intellectuelles ou à faire du sport, qui ont des effets protecteurs contre la dépression, note l'étude.
La télévision ou des vidéos le soir peuvent aussi perturber le sommeil qui est important pour les fonctions cognitives et le développement émotionnel.
Enfin, les messages transmis par ces médias télévisuels ou la radio pourraient encourager l'agressivité et d'autres comportements anti-sociaux interférant avec le développement de la personnalité des jeunes ou engendrer de la peur et de l'anxiété, estiment les auteurs de l'étude.
La dépression est la principale cause d'incapacité dans le monde et apparaît le plus souvent dans l'adolescence ou chez de jeunes adultes.
La 5° Fête de la Chanson Française
"La chanson, nous disait Daniela Lumbroso l’an dernier, n’est pas un art mineur, la vocation de l’émission est de lui rendre un hommage à sa hauteur. Un morceau de musique est un instantané de vie et le contenu d’une chanson en dit long sur les mentalités d’une époque". C’est dire la portée que Daniela Lumbroso prête à la chanson française. Elle le prouve une fois encore en reprenant, pour la cinquième année, les habits de maîtresse de cérémonie. Et en attendant d’orchestrer cette prestigieuse soirée à la salle Pleyel, elle donne le la de ce qui l’en-chante.
Y’a-t-il encore un avenir pour les émissions de variétés à la télévision ?
Il ne peut y avoir des variétés à la télévision, que si elles sont exceptionnelles. Aujourd’hui la musique est à portée de clic. Il suffit d’aller sur Internet, d’écouter son MP3 de regarder les sites Myspace des artistes pour avoir un choix illimité. Proposer à la télévision les chansons du moment ne présente donc aucune valeur ajoutée. En revanche, la télévision peut offrir des moments inédits, en proposant des rencontres entre artistes, du grand spectacle dans des lieux hors norme avec un public nombreux, et surtout en donnant un sens aux émissions de variétés, en éditorialisant leur contenu, en racontant une histoire. C’est ce que nous faisons avec La Fête de la chanson française, qui raconte cent ans d’histoire de la chanson et à travers elle cent ans d’histoire de France.
Ce qui veut dire mettre l’accent sur les grandes chansons du siècle, qu’en est il alors des artistes et des chansons d’aujourd’hui et de demain ?
La télévision ne peut pas matraquer un titre comme on le fait à la radio, ou alors dans des espaces publicitaires. Dans une émission, il faut des repères et la nouveauté n’est pas facile à amener. Nous avons trouvé le moyen de prendre le public par la main pour l’emmener progressivement vers les chansons de demain, en remontant le temps sur un siècle de chansons. Cette année donc ce sera de 1909 à 2009, cela permet à la fin de proposer des nouveautés, une fois que les téléspectateurs ont eu le plaisir de voir les grands artistes et les grandes chansons qui ont accompagné leurs vies. C’est ainsi qu’à minuit, nous avons réussi l’exploit les années précédentes d’avoir encore 3 millions de téléspectateurs présents et de leur faire découvrir Benabar, Delerm, Raphael à leurs débuts, Rose, Berri ou les BB Brunes plus récemment.
Qu’a t’elle de particulier la chanson française ?
"La chanson est française, c’est un pléonasme" disait Charles Aznavour en ouverture de la fête de la chanson française 2005. "Il n’existe nul par ailleurs dans la chanson des poètes comme Brassens, Barbara, Becaud, Renaud… et les autres". Je trouve personnellement qu’il faut beaucoup de talent pour être percutant en 3mn30, il faut être un grand artiste. Pour moi, la chanson est un art et fait partie de notre patrimoine culturel au même titre que l’opéra, le théâtre ou la littérature. C’est d’ailleurs pour cette raison que depuis 5 ans, le ministère de la Culture parraine la soirée, et le ministre sera présent cette année comme chaque année. Jacques Attali disait de la chanson française : "Elle en dit souvent plus long sur ce que nous sommes que certains ouvrages de sociologie", elle accompagne nos vies, nos joies nos peines, et notre histoire.
Cette année France 2 fête les 5 ans de la fête de la chanson française, comment allez vous célébrer cet anniversaire ?
Nous allons faire la fête ! Cela va de soit ! En 5 ans l’émission s’est véritablement installée comme un rendez vous régulier du mois de janvier et une marque de télévision. Les artistes sont toujours particulièrement heureux d’y participer car rien n’est factice. Nous sommes dans une vraie salle de concert, il y a un orchestre en vrai de 16 musiciens, les chanteurs chantent pour de vrai, et le public applaudit quand il le souhaite sans que l’on donne des consignes. Tout cela crée un climat qui se voit à l’antenne, et le fait que les chanteurs soient heureux nous permet de leur demander davantage. Ils nous offrent donc des moments inédits et magnifiques.
Vous n’êtes plus au Zénith mais à la salle Pleyel, pourquoi ?
Avec Nicolas Pernikoff, nous avions envie vraiment de marquer le coup et pour cela il fallait offrir une nouvelle signature visuelle à l’émission. Pleyel offre un écrin prestigieux. Nous avons confié les arrangements musicaux et la direction d’orchestre à un arrangeur très talentueux, Fabrice Ravel Chapuis, qui réalise les disques de Benabar, d’Olivia Ruiz, ou d’Adamo, et nous aurons une programmation très forte.
Quels seront les artistes présents ?
Cabrel, dont l’album des Roses et des orties est un immense succès, il vient de passer la barre d’un million d’exemplaires vendus, Alain Souchon et Laurent Voulzy, ainsi qu’Yves Duteil nous permettront d’évoquer les années 70, celles de leurs débuts ; avec Régine, Jane Birkin et Adamo nous parlerons des années 60 ; Benabar va nous offrir un titre désuet et plein de charme des années 50 ; pour les années 80, nous avons la chance d’avoir Catherine Ringer qui chantera un titre des Rita Mitsouko de ces années là ; nous ferons une surprise à Juliette Greco pour rendre hommage à l’ensemble de sa carrière ; pour les plus jeunes, Olivia Ruiz, Anais, Julien Doré, Gregoire, Abd El Malik, seront aussi de la partie, et pour les révélations, nous sommes très excités de vous présenter Claire De Namur, toute nouvelle venue dont le disque n’est pas encore sorti, qui est mon coup de cœur cette année, et Suarez, entre autres… mais surtout il y aura de nombreuses surprises, des duos inattendus et inédits, vous allez voir, on a beaucoup travaillé ! Et le 5 est un chiffre qui porte bonheur, alors j’espère que le public sera nombreux pour souffler les 5 bougies !
GOO………………LOO.fr